Fatigue après chimiothérapie : que faire ?

Dr Boris WydoffDr Boris Wydoff
Pomme, carotte, assiette de légumes, verre d’eau, carnet et horloge sur une table près d’une fenêtre lumineuse

La fatigue après une chimiothérapie peut rendre difficiles la marche, la préparation des repas et les activités habituelles. Que faire dès maintenant ? Réduire les efforts, se reposer, boire en tenant compte des recommandations du médecin et signaler à l’oncologue tout changement de l’état de santé. Les causes possibles comprennent l’action des médicaments, l’anémie, la déshydratation ou une infection. Ne mettez pas une fatigue intense uniquement sur le compte de la récupération après le traitement : elle peut être liée à des effets secondaires, à une anémie, à une infection ou à d’autres problèmes nécessitant une attention médicale.

Pourquoi manque-t-on autant d’énergie après une chimiothérapie ?

Après un traitement anticancéreux, même les activités habituelles peuvent demander beaucoup plus d’énergie. Il devient parfois difficile de se lever du lit, de traverser une pièce, de préparer le déjeuner ou de se concentrer sur une conversation. On peut ressentir une lourdeur dans tout le corps et ne pas retrouver son énergie après avoir dormi.

Les médecins parlent de fatigue liée au cancer. Contrairement à la fatigue ordinaire après un effort physique, elle peut persister même après un repos suffisant. Cette faiblesse peut apparaître pendant la chimiothérapie, parfois avant même le début du traitement, et se prolonger après sa fin.

Chez certaines personnes, les forces reviennent progressivement après la fin du traitement. Chez d’autres, la fatigue persiste pendant des mois, voire plus longtemps. Son intensité dépend de la maladie, du type de traitement, de l’état physique et émotionnel général, de l’alimentation et de la qualité du sommeil.

Il ne faut pas considérer la faiblesse comme un signe que l’on ne fait pas assez d’efforts pour récupérer. Les traitements anticancéreux peuvent également affecter les cellules saines et provoquer des effets secondaires qui limitent les activités quotidiennes. En cas de fatigue intense ou croissante, il est nécessaire d’en rechercher la cause, car certains problèmes associés nécessitent une prise en charge spécifique.

De quoi dépend la baisse d’énergie après le traitement ?

Plusieurs causes sont possibles et elles agissent souvent simultanément. Il est donc impossible d’identifier l’origine de la faiblesse à partir d’un seul symptôme.

L’anémie est une cause possible. Elle correspond à une diminution du nombre de globules rouges ou du taux d’hémoglobine. Certains médicaments de chimiothérapie agissent sur la moelle osseuse, où sont produites les cellules sanguines. Lorsque les tissus reçoivent moins d’oxygène, les mouvements deviennent plus difficiles. Un essoufflement, des palpitations et une fatigue importante peuvent également apparaître.

La déshydratation constitue une autre cause possible. Les nausées, les vomissements et la diarrhée entraînent une perte de liquide, parfois aussi d’électrolytes. La faiblesse et les vertiges peuvent alors s’accentuer.

L’énergie diminue également lorsque l’on mange peu. En cas de perte d’appétit, l’organisme reçoit moins d’énergie et de nutriments. Une perte de poids peut encore aggraver l’état physique. Si vous constatez que vous mangez beaucoup moins ou que vous perdez du poids sans le vouloir, signalez-le à votre équipe soignante.

La douleur, les troubles du sommeil et la tension émotionnelle influencent aussi l’état général. L’anxiété avant la prochaine séance, les inquiétudes pour ses proches et l’attente des résultats d’examens peuvent perturber le sommeil et réduire l’appétit. Certains médicaments provoquent également de la somnolence et d’autres réactions indésirables.

Enfin, une faiblesse peut parfois accompagner une infection. Pendant la chimiothérapie, les défenses de l’organisme peuvent être affaiblies. Une dégradation de l’état général ne doit donc pas être automatiquement considérée comme une réaction habituelle au traitement. Il est particulièrement important de surveiller la température et l’apparition de nouveaux symptômes.

Comment savoir si la fatigue est liée à la chimiothérapie ?

Le moment où le symptôme apparaît aide le médecin à évaluer la situation, mais ne permet pas à lui seul d’en déterminer la cause. La fatigue peut s’accentuer après l’administration des médicaments, apparaître à certains jours du cycle ou persister après la dernière séance. Il n’existe pas de schéma identique pour tous les patients.

Observez les changements dans votre vie quotidienne. Avez-vous plus de mal à marcher ? Votre appétit a-t-il diminué ? Votre sommeil est-il perturbé ? Avez-vous des vertiges, un essoufflement ou des palpitations ? Il est utile d’expliquer au médecin quand la dégradation a commencé et comment elle se situe par rapport au traitement.

Une faiblesse après les repas ne signifie pas nécessairement qu’un aliment précis ne vous convient pas. Elle peut être liée à des apports alimentaires insuffisants au cours de la journée, à une déshydratation, aux effets des médicaments ou à d’autres troubles. Si cela se répète et vous empêche de vous alimenter normalement, parlez-en à votre équipe soignante.

D’après mon expérience, il ne faut pas essayer d’établir un diagnostic uniquement à partir de la fréquence ou du moment d’apparition du symptôme. Même si la faiblesse survient après chaque administration du médicament, cela n’exclut ni une anémie, ni une infection, ni un autre problème. La cause est déterminée à partir de l’ensemble des symptômes, de l’examen médical et des examens complémentaires nécessaires.

Quels examens faire en cas de faiblesse ?

La première étape consiste à expliquer à votre oncologue à quel point vos activités quotidiennes sont devenues difficiles. Précisez si vous pouvez vous habiller seul, préparer un repas, marcher dans la maison et accomplir vos tâches habituelles. Ces détails aident le médecin à évaluer l’intensité de la fatigue et à déterminer la suite de la prise en charge.

Le médecin peut prescrire une numération formule sanguine pour évaluer les cellules sanguines et rechercher des signes d’anémie. En fonction des résultats et du traitement suivi, il décidera si des examens supplémentaires sont nécessaires. Les analyses dépendent de l’état de chaque patient.

En cas de vomissements, de diarrhée ou d’apports en liquide insuffisants, le médecin peut contrôler des paramètres liés à l’équilibre hydroélectrolytique et au fonctionnement des reins. Selon les symptômes, il peut également évaluer le risque d’infection et rechercher d’autres causes à la dégradation de l’état général.

Il n’est pas nécessaire de faire toutes les analyses possibles sans indication médicale. Demandez plutôt à votre oncologue quels examens sont utiles compte tenu des médicaments prescrits, des résultats précédents et des maladies associées.

L’équipe soignante peut avoir besoin d’adapter les traitements de soutien, d’évaluer l’alimentation ou de rechercher la cause des effets secondaires. La décision revient aux professionnels qui connaissent votre dossier médical.

Comment s’alimenter et organiser sa journée quand on manque d’énergie ?

Pendant la récupération, l’alimentation doit permettre de recevoir suffisamment d’énergie et de préserver ses forces. Si l’appétit est réduit, choisissez des aliments disponibles que vous tolérez facilement. Évitez les restrictions strictes et ne bouleversez pas votre alimentation dans l’espoir d’accélérer la récupération.

En cas de nausées ou de modification du goût, certains aliments habituels peuvent devenir désagréables. Demandez au médecin ou au diététicien spécialisé en oncologie de vous aider à choisir des plats adaptés. Si des douleurs dans la bouche rendent la mastication ou la déglutition difficiles, signalez-le impérativement à votre équipe soignante.

La quantité de liquide à boire dépend de votre état de santé. En cas de vomissements ou de diarrhée, les pertes de liquide peuvent aggraver la faiblesse. Cependant, certaines personnes doivent limiter leur consommation de boissons en raison d’autres maladies. Suivez les recommandations du médecin et demandez une aide médicale urgente si vous ne parvenez pas à garder les liquides.

Il vaut mieux organiser la journée en fonction de ses capacités réelles. Si vous avez besoin de vous reposer après la douche, ne prévoyez pas de préparer le déjeuner et de faire le ménage au même moment. Demandez à vos proches de prendre en charge une partie des tâches ménagères afin de conserver votre énergie pour les repas, l’hygiène et les échanges avec les autres.

Si le médecin autorise une activité physique, vous pouvez commencer par de courtes promenades ou des mouvements simples, dans les limites de ce que vous supportez. Ne forcez pas malgré des vertiges, un essoufflement, une douleur ou une augmentation brutale de la fatigue pour respecter votre programme. Si vous tolérez nettement moins bien les efforts, discutez de votre activité avec un professionnel de santé.

Le sommeil influence également le bien-être. Essayez de créer un environnement calme le soir et signalez au médecin si la douleur, l’anxiété ou d’autres symptômes perturbent régulièrement votre sommeil. Parfois, mieux dormir nécessite non seulement de modifier certaines habitudes, mais aussi de rechercher la cause des troubles.

Mes conseils en cas de fatigue après une chimiothérapie

Commencez par prendre l’air, bouger et vous reposer suffisamment. D’après mon expérience, la fatigue dès le réveil, le sommeil qui ne repose pas, les difficultés de concentration et l’irritabilité ne sont pas nécessairement de la paresse ou une conséquence de l’âge. Je considère que l’on a besoin d’air frais, de mouvement, de sommeil et de temps pour récupérer. Après une chimiothérapie, je conseille d'adapter les activités quotidiennes à l’énergie disponible, de faire des pauses et de ne pas chercher à tout rattraper en une seule journée. La médecine moderne associe notamment cette fatigue aux effets des médicaments, à l’anémie, aux troubles du sommeil et à d’autres causes. Dans mon approche, l’attention portée au mode de vie complète l’évaluation médicale sans la remplacer.

Soyez attentif à la régularité du transit intestinal. Je considère l’intestin comme une voie importante par laquelle l’organisme élimine ses déchets. Dans mes livres, j’explique que, selon ma théorie, lorsque le transit est irrégulier, certains déchets peuvent être réabsorbés dans le sang et contribuer à une sensation de lourdeur, à la fatigue et à une mauvaise humeur. Je conseille donc de surveiller les changements digestifs et de ne pas négliger la constipation. Les céréales, les légumes et les fruits peuvent faire partie de l’alimentation quotidienne s’ils sont bien tolérés. Pendant la chimiothérapie, l’alimentation doit être adaptée à l’état de l’intestin, à l’appétit et aux recommandations de l’équipe soignante.

Évitez les longues périodes en position assise, les tensions liées au travail sur écran et les pièces mal aérées. À mon avis, ces habitudes peuvent accentuer la sensation de fatigue. J’associe l’immobilité à une stagnation du sang et le travail prolongé devant un écran à une sollicitation constante du cerveau. Je conseille donc d’aérer la pièce si possible, de changer de position et de bouger un peu tout au long de la journée. Il ne faut pas transformer une promenade en épreuve d’endurance. En cas de faiblesse importante, de vertiges ou d’essoufflement, réduisez les efforts et demandez une aide médicale si votre état se dégrade.

Gardez courage et essayez de rester serein. Je suis convaincu qu’il est important d’encourager une personne à cultiver la force morale et l’envie de vivre plutôt que la peur. Je pense que le fait de garder espoir aide à préserver ses ressources intérieures lorsque la récupération est lente. N’exigez pas de vous-même d’être constamment en forme et ne vous reprochez pas d’avoir besoin de repos. Toutefois, l’état d’esprit ne remplace pas les soins médicaux : si la faiblesse persiste, s’accentue ou gêne les activités habituelles, signalez-le à votre oncologue.

Ce qu’il faut éviter pendant la chimiothérapie sans l’accord du médecin

Même des aliments courants et des produits d’origine végétale peuvent interagir avec les médicaments. Avant de prendre une plante, un complément alimentaire ou de modifier votre alimentation, informez votre oncologue. C’est particulièrement important si vous prenez plusieurs médicaments en même temps ou si vous suivez également une radiothérapie.

Le millepertuis peut modifier la concentration de certains médicaments, notamment de certains traitements anticancéreux. Le pamplemousse influence également le métabolisme de plusieurs médicaments et peut modifier leur concentration dans l’organisme. N’en consommez donc pas pendant le traitement sans en avoir parlé à votre équipe soignante.

Ne commencez pas de votre propre initiative à prendre de fortes doses d’antioxydants, de vitamines ou de compléments minéraux. Pendant la chimiothérapie et la radiothérapie, ces produits peuvent être déconseillés. Leur utilisation dépend du traitement suivi. Les extraits concentrés de plantes ne doivent pas non plus être considérés comme sûrs simplement parce qu’ils sont d’origine naturelle.

Les légumes et les fruits ordinaires ne sont pas interdits en eux-mêmes. Il est important de respecter les règles de sécurité alimentaire et les recommandations de la clinique, surtout lorsque les défenses immunitaires sont diminuées. Si nécessaire, le médecin ou le diététicien vous aidera à choisir des aliments adaptés à votre état.

N’utilisez pas le jeûne, les programmes de purification stricts ou les cures dites de détox pour lutter contre la faiblesse. Pendant le traitement, l’organisme doit recevoir suffisamment d’énergie et de liquide, dans le respect des éventuelles restrictions médicales. N’arrêtez pas les médicaments prescrits et ne modifiez pas vous-même le protocole de chimiothérapie.

Quand consulter un médecin ?

Tout d’abord, les signes qui nécessitent d’appeler les secours ou de contacter immédiatement l’oncologue.

Si, pendant la chimiothérapie, votre température atteint 38 °C ou plus, ou si vous avez des frissons, contactez immédiatement l’équipe d’oncologie et suivez ses instructions. N’essayez pas simplement de faire baisser la fièvre par vous-même en attendant que cela passe : une infection pendant le traitement peut être dangereuse.

Une aide médicale urgente est nécessaire en cas d’essoufflement soudain, de douleur thoracique ou de gonflement d’une jambe. Si la douleur thoracique irradie dans le bras et s’accompagne de sueurs froides, cela peut être le signe d’un problème grave : appelez immédiatement les secours.

Ne tardez pas à consulter si les vomissements persistent plus de 24 heures ou si vous ne pouvez pas boire. Il en va de même en présence de sang dans les vomissements ou les selles, de selles noires, d’un évanouissement ou de palpitations importantes. En cas de dégradation brutale de votre état, n’essayez pas de la traiter seul avec des remèdes maison.

Quand consulter sur rendez-vous ou sans attendre le prochain rendez-vous.

Signalez à votre oncologue toute faiblesse qui gêne les activités habituelles, persiste après la fin du traitement ou s’accentue progressivement. Une consultation est également nécessaire en cas de perte d’appétit persistante, de perte de poids involontaire, de troubles du sommeil ou de difficultés de concentration.

Demandez une évaluation médicale si vous constatez une pâleur inhabituelle, des vertiges, un essoufflement lors d’un effort léger ou des palpitations marquées. Le médecin déterminera s’il faut contrôler les paramètres sanguins, évaluer l’alimentation, rechercher une infection ou revoir le traitement de soutien.

Même si la faiblesse a commencé après l’administration d’un médicament, il ne faut pas automatiquement la considérer comme un effet secondaire attendu. Une description détaillée des changements aidera l’équipe soignante à déterminer la conduite à tenir.

Pour en savoir plus sur mon approche de ce sujet, consultez la page « [Immunité](/health/immunitet/) ».

NOTE DE LA RÉDACTION
Cet article a été préparé à partir des livres du docteur Boris Wydoff et de références médicales concernant les effets secondaires des traitements anticancéreux. Les conseils en matière d’alimentation et de mode de vie ne remplacent pas une consultation avec un oncologue. Toute mesure de soutien complémentaire doit être discutée avec l’équipe soignante.

Références médicales : [NCI (Institut national du cancer des États-Unis)](https://www.cancer.gov/about-cancer/treatment/side-effects/fatigue), [NHS (Service national de santé du Royaume-Uni)](https://www.nhs.uk/conditions/chemotherapy/side-effects/).

Questions fréquentes

Pourquoi manque-t-on d’énergie après une chimiothérapie ?

La fatigue peut être liée au traitement, à l’anémie, à une perte de liquide, à une alimentation insuffisante, à la douleur ou à des troubles du sommeil.

Que faire en cas de grande faiblesse après une chimiothérapie ?

Évaluez les changements dans vos activités quotidiennes et informez votre oncologue de l’intensité des symptômes.

Que boire en cas de faiblesse après une chimiothérapie ?

La boisson adaptée dépend de votre état de santé et des éventuelles restrictions hydriques ; si vous ne parvenez pas à boire, une aide médicale urgente est nécessaire.

Que manger pour récupérer après une chimiothérapie ?

Choisissez des aliments que vous tolérez bien et discutez des changements alimentaires avec votre oncologue ou votre diététicien.

Quels examens faire en cas de faiblesse après le traitement ?

Le médecin déterminera les examens nécessaires en fonction des symptômes, de l’examen clinique et des particularités du traitement suivi.

Peut-on boire du jus de carotte après une chimiothérapie ?

La consommation de jus frais doit être discutée avec l’oncologue, en tenant compte de la sécurité alimentaire et de l’état immunitaire.

Combien de temps dure la fatigue après une chimiothérapie ?

Chez certaines personnes, les forces reviennent progressivement après la fin du traitement ; chez d’autres, la fatigue persiste pendant des mois, voire plus longtemps.

Quand la faiblesse après une chimiothérapie devient-elle dangereuse ?

Une aide urgente est nécessaire en cas de forte fièvre, de frissons, de difficultés respiratoires, de douleur thoracique, d’évanouissement ou d’impossibilité de boire.

Dr Boris Wydoff

Boris Wydoff — docteur en naturopathie, Ph.D. Depuis plus de cinquante ans, j'aide les gens à retrouver la santé par l'alimentation, la purification et la force de l'esprit — en Europe, en Amérique et en Asie. À propos de l'auteur →

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