Nausées après chimio : que faire pour les soulager ?

Dr Boris WydoffDr Boris Wydoff
Un verre d’eau, des biscottes, une pomme, une petite assiette de riz, un carnet et une horloge sur une table claire près d’une fenêtre

Les nausées après une chimiothérapie sont un effet secondaire fréquent, mais vous n’avez pas à les supporter sans aide. Si vous avez la nausée en ce moment, buvez de l’eau par petites gorgées, essayez de vous reposer et évitez les odeurs fortes. Prenez les médicaments antiémétiques prescrits en suivant les indications de votre oncologue. Si vous n’arrivez pas à garder les liquides ou si des symptômes inquiétants apparaissent, consultez un professionnel de santé.

Pourquoi a-t-on des nausées après une chimiothérapie et quand commencent-elles ?

La nausée est une sensation désagréable dans l’estomac qui donne envie de vomir. Lorsqu’on vomit, le contenu de l’estomac est expulsé. Ces deux phénomènes peuvent survenir séparément ou ensemble et perturber l’alimentation, le repos et la vie quotidienne.

La chimiothérapie agit sur l’organisme à l’aide de médicaments anticancéreux, dont certains provoquent des nausées et des vomissements. L’intensité de cette réaction dépend des médicaments utilisés et des particularités de chaque personne. Ainsi, deux patients ayant un diagnostic similaire peuvent se sentir différemment après leur traitement.

Parfois, les sensations désagréables commencent pendant l’administration du médicament ou peu après. Chez d’autres personnes, les nausées apparaissent le lendemain ou plus tard et peuvent persister plusieurs jours. Il existe aussi une situation particulière : l’anxiété avant une nouvelle séance, lorsque le souvenir d’un malaise précédent peut provoquer des nausées avant même le début du traitement.

Les symptômes peuvent également persister après la fin du traitement. S’ils continuent, reviennent ou s’intensifient, il est nécessaire d’en informer l’équipe médicale. Il ne faut pas attribuer automatiquement toute aggravation à la chimiothérapie : d’autres médicaments, la douleur, l’anxiété ou des maladies associées peuvent aussi en être responsables.

Comment comprendre l’origine des nausées sans les confondre avec un autre problème ?

Les nausées n’ont pas une seule cause universelle. Chez une personne qui suit un traitement anticancéreux, plusieurs facteurs peuvent agir simultanément. Outre la chimiothérapie, les antidouleurs, d’autres médicaments, la prise de certains produits à jeun et le stress émotionnel peuvent influencer l’état général.

Observez à quel moment vous commencez à vous sentir mal. Notez si les nausées apparaissent pendant la séance, quelques heures plus tard, le lendemain matin ou après un repas. Indiquez également si elles s’accompagnent de vomissements, de douleurs abdominales, de changements du transit ou d’une impossibilité de boire.

Ces observations seront utiles à votre oncologue, mais elles ne permettent pas, à elles seules, d’établir la cause. Par exemple, les nausées après un repas peuvent être liées au traitement, aux médicaments pris ou à un autre problème digestif. Un seul symptôme ne suffit pas à déterminer quel trouble est apparu : le médecin pose son diagnostic à partir de l’examen clinique et des examens complémentaires nécessaires.

Il ne faut pas considérer l’absence de vomissements comme le signe d’un état peu préoccupant. Des nausées persistantes peuvent empêcher une personne de manger et de boire, même si les envies de vomir sont rares. Si les symptômes perturbent votre vie quotidienne, parlez-en à votre médecin sans attendre le prochain rendez-vous prévu.

Que manger et boire quand on a la nausée après le traitement ?

Pendant la chimiothérapie, l’alimentation doit être adaptée à la tolérance aux aliments et aux recommandations de l’équipe médicale. Vous n’avez pas besoin de vous forcer à terminer votre portion habituelle si manger aggrave votre état. Cependant, une restriction alimentaire prolongée peut entraîner une perte de poids et une détérioration de l’état général.

Essayez des aliments simples, au goût et à l’odeur peu prononcés. Certaines personnes tolèrent mieux les biscottes, les tartines grillées, le riz, les pâtes nature, les crackers ou d’autres aliments non épicés. Si les aliments froids dégagent moins d’odeurs et provoquent moins d’inconfort, vous pouvez essayer des plats refroidis, du yaourt ou de la gelée, s’ils vous conviennent et sont compatibles avec votre état de santé.

Les plats gras, frits, très sucrés ou épicés peuvent être moins bien tolérés. Si l’odeur de la cuisson accentue vos nausées, demandez à vos proches de préparer les repas dans une autre pièce ou aérez la cuisine à l’avance. Ne vous forcez pas à manger un aliment qui vous rend malade simplement parce qu’il est considéré comme bon pour la santé.

Que boire en cas de nausées ? Commencez par boire de petites gorgées d’eau. Si boire une grande quantité à la fois est désagréable, répartissez les prises de liquide plus fréquemment tout au long de la journée. Selon votre état et les recommandations de votre médecin, d’autres boissons peuvent convenir, à condition qu’elles n’aggravent pas les symptômes et ne présentent pas de contre-indications.

En cas de vomissements, l’organisme perd de l’eau et des électrolytes. Si vous remarquez que vous urinez moins souvent que d’habitude, que vous ressentez une faiblesse importante ou que vous n’arrivez pas à garder les liquides, n’essayez pas de résoudre le problème en modifiant uniquement votre alimentation. Consultez un professionnel de santé.

Mes conseils : comment soutenir l’organisme en cas de nausées ?

Premièrement, ne vous forcez pas à manger, mais évitez aussi les longues périodes sans alimentation. Dans mes livres, j’associe les nausées à l’état général de l’organisme et au fonctionnement du système digestif. Je considère que, lorsqu’on se sent mal, il faut privilégier les aliments que l’on tolère, sans se forcer à manger de grandes portions. Toutefois, je ne considère pas les nausées comme la preuve que l’organisme se débarrasse de substances nocives. L’oncologie moderne relie avant tout les nausées après une chimiothérapie à l’action des médicaments et recommande d’adapter l’alimentation à la tolérance au traitement.

Deuxièmement, privilégiez une alimentation simple et de petites portions, en fonction de votre état. Dans mes livres, je défends une alimentation végétale simple et la modération à table. Selon moi, il est préférable de ne pas surcharger davantage le système digestif avec des plats lourds lorsque l’on se sent déjà mal. Mais je n’imposerais pas un menu précis à un patient à tout prix : pendant la chimiothérapie, la tolérance aux aliments peut changer. Si l’odeur des plats chauds accentue les nausées, vous pouvez discuter avec votre équipe soignante d’autres options alimentaires mieux adaptées, afin de maintenir des apports suffisants en énergie et en protéines.

Troisièmement, en cas de faiblesse et de nausées, réduisez vos efforts et accordez-vous du repos. Dans mon livre, j’écris qu’en cas de faiblesse et de nausées, il faut réduire les efforts et adopter un rythme plus calme. Je considère le repos comme une composante du soutien général de l’organisme, surtout lorsque les activités habituelles demandent trop d’énergie. Cependant, je ne pense pas que le repos suffise à éliminer les effets secondaires de la chimiothérapie. Si les nausées vous empêchent de boire, si les vomissements se répètent ou si la faiblesse s’accentue, vous devez contacter votre équipe médicale.

Quatrièmement, considérez l’alimentation et le repos comme des compléments à la prise en charge par votre oncologue. C’est mon approche naturopathique pour accompagner les personnes. Mais je ne peux pas affirmer de manière fondée que les nausées signifient que des toxines sont éliminées ou qu’une détoxification de l’organisme peut supprimer les conséquences de la chimiothérapie. En oncologie moderne, des médicaments antiémétiques spécifiques sont utilisés pour prévenir et soulager les nausées. Leur choix doit être discuté avec un médecin, sans remplacer le traitement prescrit par des méthodes maison.

Que faut-il éviter pendant la chimiothérapie sans l’accord du médecin ?

Pendant un traitement anticancéreux, même des aliments habituels et des compléments naturels peuvent interagir avec les médicaments. Avant d’utiliser une plante, un complément ou de modifier votre alimentation, informez-en votre oncologue. C’est particulièrement important si vous prenez plusieurs médicaments ou si vous suivez simultanément une chimiothérapie et une radiothérapie.

Le millepertuis et le pamplemousse peuvent modifier la concentration de certains médicaments anticancéreux dans l’organisme. Ne commencez pas à prendre du millepertuis et n’ajoutez pas de pamplemousse à votre alimentation sans avoir vérifié leur compatibilité avec votre protocole de traitement. Votre médecin ou un pharmacien clinicien pourra vous aider à déterminer s’il existe des restrictions concernant les médicaments qui vous ont été prescrits.

Les fortes doses d’antioxydants ne doivent pas être prises de votre propre initiative pendant la chimiothérapie et la radiothérapie. Cela concerne les compléments concentrés contenant des vitamines et d’autres substances présentées comme des antioxydants. Les interactions éventuelles dépendent du médicament et du protocole de traitement : la décision doit donc être prise avec votre oncologue.

Les concentrés et extraits de plantes nécessitent également un accord préalable. Une origine naturelle ne garantit pas la compatibilité avec les médicaments anticancéreux. N’utilisez pas de votre propre initiative des mélanges de plusieurs plantes, des préparations végétales concentrées ou des mélanges maison pour supprimer les nausées.

Les légumes et les fruits ordinaires ne sont pas interdits simplement parce qu’ils contiennent des antioxydants. Leur choix dépend de votre tolérance, de la sécurité alimentaire et des recommandations individuelles. Pendant le traitement, évitez de jeûner, de suivre des programmes détox ou de remplacer une alimentation complète par des jus.

Quand consulter un médecin

Quand faut-il consulter en urgence ?

Certains symptômes pendant la chimiothérapie nécessitent une évaluation immédiate. N’attendez pas qu’ils disparaissent d’eux-mêmes et n’essayez pas de les expliquer par de simples effets secondaires habituels.

Quand contacter rapidement son oncologue ?

Même en l’absence des signes d’urgence mentionnés ci-dessus, signalez rapidement à votre équipe médicale tout signe d’infection : toux inhabituelle, mal de gorge, diarrhée, besoin d’uriner plus fréquent ou douleur en urinant. Pendant la chimiothérapie, les défenses de l’organisme peuvent être affaiblies : les infections nécessitent donc une attention particulière.

Contactez votre médecin si les nausées s’intensifient, si les médicaments antiémétiques ne fonctionnent pas, si les vomissements se répètent ou si vous n’arrivez pas à vous alimenter normalement. Ne modifiez pas vous-même la dose des médicaments prescrits et n’attendez pas la prochaine cure si les effets secondaires actuels sont difficiles à supporter. Votre médecin peut revoir le traitement contre les nausées, choisir d’autres médicaments ou vous donner des recommandations alimentaires personnalisées.

Prévoyez également un rendez-vous avec votre oncologue pour parler des épisodes de nausées récurrents qui perturbent votre vie quotidienne, même en l’absence de vomissements. Il est utile de noter à l’avance l’heure d’apparition des symptômes, leur lien avec les repas et la prise de médicaments, la quantité de liquide consommée et les facteurs qui atténuent ou aggravent l’inconfort. Ces informations aident à évaluer la situation et à choisir un accompagnement adapté.

Comment se préparer à la prochaine cure pour avoir moins de nausées ?

Si la séance précédente a provoqué des nausées importantes, signalez-le avant la prochaine administration du médicament. Il n’est pas nécessaire d’attendre que les sensations désagréables se reproduisent. Les médecins disposent de médicaments antiémétiques qui peuvent être prescrits avant le début de la chimiothérapie afin de prévenir ou de réduire les nausées et les vomissements.

Demandez quels médicaments prendre avant et après la séance, à quel moment les prendre et que faire si les symptômes apparaissent malgré tout. Certains protocoles prévoient plusieurs médicaments ayant des mécanismes d’action différents. Le choix dépend du traitement anticancéreux utilisé et de la réaction individuelle de l’organisme.

Préparez à l’avance les aliments et les boissons que vous tolérez habituellement bien. Si les odeurs fortes déclenchent des nausées, réfléchissez à la manière de limiter leur présence à la maison. Si vous ressentez régulièrement de l’anxiété avant une séance, discutez avec votre équipe médicale des possibilités de soutien psychologique.

Tenez un petit journal de votre état après chaque cure. Notez non seulement les nausées et les vomissements, mais aussi votre appétit, votre capacité à boire, les changements de poids et la tolérance aux médicaments prescrits. Cela aidera votre médecin à déterminer si les mesures actuelles sont suffisantes ou s’il faut les ajuster.

Les nausées ne doivent pas devenir une épreuve que le patient est obligé de supporter en silence. Demander de l’aide et signaler les effets secondaires font normalement partie du traitement. Des mesures de soutien complémentaires peuvent être utiles si elles sont sûres, validées par des professionnels et compatibles avec le traitement anticancéreux prescrit.

Pour en savoir plus sur mon approche de ce sujet, consultez la page « Immunité ».

NOTE DE LA RÉDACTION
Cet article a été préparé à partir des livres du Dr Boris Wydoff et de ressources médicales de référence sur les effets secondaires des traitements anticancéreux. Les points de vue naturopathiques du docteur sont présentés comme son approche personnelle, et non comme une méthode scientifiquement démontrée pour prévenir ou éliminer les nausées. Cet article ne remplace pas une consultation avec un oncologue et ne justifie aucune modification du traitement prescrit.

Informations médicales : NCI (Institut national du cancer des États-Unis), NHS (Service national de santé du Royaume-Uni).

Questions fréquentes

Pourquoi a-t-on des nausées après une chimiothérapie ?

Certains médicaments anticancéreux provoquent des nausées et des vomissements ; d’autres médicaments, la douleur ou l’anxiété peuvent également influencer l’état général.

Que faire en cas de nausées après une chimio ?

Buvez de l’eau par petites gorgées, reposez-vous et prenez les médicaments antiémétiques prescrits en suivant les indications de votre médecin.

Que peut-on manger en cas de nausées après une chimiothérapie ?

Essayez des aliments simples au goût peu prononcé : biscottes, riz, pain grillé ou autres plats que vous tolérez bien.

Peut-on boire du jus en cas de nausées après une chimiothérapie ?

Cela dépend de votre tolérance, de la composition du jus et des restrictions liées à votre traitement ; parlez-en d’abord à votre oncologue.

Quels médicaments soulagent les nausées après une chimiothérapie ?

Les médecins prescrivent des médicaments antiémétiques et choisissent un produit ou une association de produits en fonction du protocole de traitement.

Quand les nausées après une chimiothérapie sont-elles dangereuses ?

Une aide urgente est nécessaire si vous ne pouvez pas boire, si les vomissements persistent, s’il y a du sang dans les vomissements ou les selles, en cas de perte de connaissance, d’essoufflement ou d’autres signes inquiétants.

Peut-on utiliser des plantes contre les nausées après une chimiothérapie ?

Uniquement après avoir obtenu l’accord de votre oncologue : les préparations à base de plantes peuvent interagir avec les médicaments anticancéreux.

Dr Boris Wydoff

Boris Wydoff — docteur en naturopathie, Ph.D. Depuis plus de cinquante ans, j'aide les gens à retrouver la santé par l'alimentation, la purification et la force de l'esprit — en Europe, en Amérique et en Asie. À propos de l'auteur →

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