Constipation et cancer : comment se soulager ?

La constipation chez les personnes atteintes d'un cancer peut être liée à la maladie elle-même, à la chimiothérapie, aux médicaments antidouleur ou à une diminution de l'activité physique. Que faire dans l'immédiat ? Signalez tout changement de transit à votre équipe soignante, buvez suffisamment si votre médecin ne vous a pas prescrit de restriction hydrique et bougez selon vos capacités. En cas de fortes douleurs abdominales, de vomissements ou d'impossibilité d'évacuer les gaz, une évaluation médicale urgente est nécessaire.
Pourquoi la constipation survient-elle en cas de cancer ?
La constipation est un trouble du transit intestinal qui se manifeste par des selles moins fréquentes que d'habitude, sèches et dures, nécessitant davantage d'efforts pour être évacuées. La défécation peut parfois être douloureuse et laisser une sensation d'évacuation incomplète. Des ballonnements, des crampes abdominales, des nausées et une sensation de ventre plein peuvent également apparaître.
Chez les personnes atteintes d'un cancer, plusieurs causes peuvent se cumuler. Certaines tumeurs peuvent comprimer l'intestin, gêner la progression de son contenu ou perturber les voies nerveuses qui régulent son fonctionnement. La constipation fait également partie des effets secondaires possibles de certaines chimiothérapies.
Les médicaments constituent une autre cause importante. Les antalgiques opioïdes, certains traitements contre les nausées ou l'anxiété, ainsi que les diurétiques peuvent rendre l'évacuation des selles plus difficile. Il ne faut jamais les arrêter ni modifier leur dosage de sa propre initiative : le médecin peut proposer une solution contre la constipation tout en maintenant les traitements nécessaires.
Les changements d'habitudes jouent également un rôle. Pendant les traitements, on marche souvent moins, on se fatigue plus rapidement, on mange moins que d'habitude ou on modifie son alimentation. Un apport insuffisant en liquide peut aussi contribuer à rendre les selles plus dures.
La constipation peut-elle être liée à un cancer de l'intestin ?
Oui, la constipation peut accompagner certaines tumeurs intestinales, notamment celles du côlon et du rectum. Cependant, elle peut également survenir avec d'autres cancers ou pour des raisons totalement indépendantes d'une maladie cancéreuse. Ce symptôme, à lui seul, ne permet donc pas de déterminer si une tumeur est présente ni où elle se situe.
Un changement récent des habitudes intestinales mérite une attention particulière. Par exemple, une personne qui allait régulièrement à la selle peut commencer à rencontrer des difficultés persistantes, ressentir des douleurs ou constater des ballonnements. Le médecin évaluera ces changements en tenant compte des autres symptômes, des antécédents médicaux et des résultats des examens.
Parfois, la cause est un fécalome, c'est-à-dire une accumulation de selles très dures, difficiles à évacuer naturellement. Une complication plus grave est l'occlusion intestinale, qui empêche le contenu de l'intestin de progresser normalement. Ces deux situations nécessitent une évaluation médicale, et une occlusion intestinale peut représenter un danger immédiat pour la vie.
N'essayez pas de déterminer vous-même la cause du problème en fonction de la fréquence des selles ou de l'intensité de l'inconfort. Le diagnostic repose sur un échange avec le patient, un examen clinique et, si nécessaire, des examens complémentaires. En cas de suspicion de complication, le médecin peut prescrire des examens de l'abdomen.
Comment soulager la constipation à la maison ?
Les mesures à domicile ne conviennent pas à toutes les situations. Si vous ressentez de fortes douleurs, si vous vomissez, si votre ventre est très gonflé ou si vous n'arrivez plus à évacuer les gaz, n'essayez pas de régler le problème en augmentant les fibres, en prenant des laxatifs ou en utilisant d'autres remèdes maison. Ces signes nécessitent une prise en charge médicale urgente.
En l'absence de signes inquiétants, commencez par des gestes simples, validés par votre équipe soignante. Maintenez une hydratation adaptée aux recommandations de votre médecin, notamment si vous devez limiter vos apports en liquide en raison d'un problème cardiaque ou rénal. Il ne faut pas vous forcer à boire de grandes quantités d'eau si l'équipe médicale vous a prescrit un régime hydrique particulier.
Essayez de conserver une activité physique modérée, dans la mesure du possible. Une courte marche dans la chambre ou le couloir, le fait de passer du lit à un fauteuil ou quelques mouvements tranquilles peuvent rester accessibles même en cas de fatigue importante. Le niveau d'activité approprié dépend de votre état général, des éventuelles complications et des recommandations des professionnels de santé.
Il peut être utile de noter la date de vos dernières selles, leur consistance et la présence éventuelle de douleurs, de ballonnements ou de nausées. Notez également les changements dans votre alimentation, votre hydratation et vos traitements. Ces informations aideront le médecin à comprendre ce qui a pu perturber votre transit et à choisir les mesures adaptées.
Ne commencez pas à prendre des laxatifs, des suppositoires ou d'autres produits destinés à faciliter l'évacuation des selles sans avis médical. En cas de cancer, le choix du traitement dépend de la cause de la constipation, des maladies associées et des traitements en cours. Certains produits conviennent à certains patients, mais peuvent être dangereux pour d'autres.
Quelle alimentation adopter en cas de constipation pendant un cancer ?
L'alimentation doit être adaptée à la tolérance digestive et aux traitements en cours. En cas de constipation ordinaire, les fibres peuvent être bénéfiques. Cependant, chez les personnes atteintes d'un cancer, augmenter leur consommation n'est pas toujours approprié. En cas de suspicion de rétrécissement de l'intestin ou d'occlusion intestinale, un apport supplémentaire en fibres peut aggraver la situation.
Discutez avec votre médecin des aliments à privilégier. En l'absence de contre-indications et si vous les digérez bien, les légumes, les fruits et d'autres aliments courants riches en fibres peuvent convenir. Toute augmentation des fibres doit tenir compte de votre hydratation et des recommandations de l'équipe médicale.
Évitez de modifier brutalement votre alimentation pendant les périodes de nausées, de grande faiblesse ou après une intervention chirurgicale sur le système digestif. Dans ces situations, des conseils personnalisés de l'oncologue ou d'un professionnel spécialisé en nutrition clinique peuvent être nécessaires. L'objectif principal est d'apporter à l'organisme une alimentation adaptée, sans provoquer d'inconfort supplémentaire.
Avant de prendre une plante médicinale, un complément alimentaire ou de modifier votre alimentation, informez votre oncologue. C'est particulièrement important si vous suivez une chimiothérapie ou une radiothérapie, si vous avez subi une opération ou si vous prenez plusieurs médicaments en même temps.
Mes conseils pour soulager la constipation pendant un cancer
Veillez à boire suffisamment. Dans mes livres, j'écris : « L'eau est la première chose que réclame l'intestin. » J'associe le manque d'eau à une progression plus difficile du contenu intestinal et à l'apparition de la constipation. C'est pourquoi je conseille de boire par petites gorgées tout au long de la journée et de privilégier l'eau tiède le matin. Toutefois, pendant un traitement contre le cancer, les quantités de liquide doivent être définies avec le médecin, particulièrement en cas de restriction hydrique.
Favorisez la régularité du transit grâce à une routine quotidienne. Dans mon livre « L'ABC de la santé », je recommande d'habituer l'intestin à un horaire régulier pour aller aux toilettes et de ne pas ignorer les envies naturelles. D'après mon expérience, une routine tranquille permet de mieux observer les changements du fonctionnement digestif. Je conseille également de prendre son temps et d'éviter de pousser excessivement. Si vous n'avez pas eu de selles depuis plusieurs jours ou si des douleurs, des vomissements et des ballonnements importants apparaissent, une évaluation médicale est nécessaire. Contrairement à mon approche générale fondée sur les habitudes quotidiennes, la médecine moderne cherche avant tout, chez les patients atteints de cancer, à identifier la cause de la constipation, notamment les effets des antalgiques et les complications possibles de la maladie.
Bougez selon vos capacités. Dans mes livres, j'explique que la sédentarité peut ralentir la digestion et je recommande de marcher chaque jour. Je considère le mouvement comme un moyen doux de soutenir le rythme naturel de l'intestin. En cas de grande faiblesse, inutile de vouloir absolument marcher pendant une demi-heure : commencez par de petits déplacements, si votre équipe soignante vous y autorise.
Adaptez individuellement les aliments riches en fibres. Dans mes ouvrages, je parle des légumes, des pruneaux et des graines de lin moulues comme d'aliments pouvant aider à maintenir un transit régulier. Selon mon approche, l'alimentation doit soutenir le fonctionnement de l'intestin sans créer d'inconfort supplémentaire. Mais en cas de cancer, il ne faut pas augmenter automatiquement la quantité de fibres : si une occlusion intestinale est suspectée, ou en présence de ballonnements importants ou de fortes douleurs, ces changements peuvent être dangereux. Avant d'ajouter des pruneaux ou des graines de lin à votre alimentation, ou d'augmenter vos portions de légumes, discutez-en donc avec votre oncologue.
Quels traitements contre la constipation sont possibles en cas de cancer ?
Si les changements d'hydratation, d'alimentation et d'activité physique ne suffisent pas, le médecin peut recommander un laxatif ou un autre médicament pour soulager la constipation. Le choix dépend de la consistance des selles, de la durée du problème, des médicaments pris par le patient et de l'absence ou non de signes d'occlusion intestinale.
Il existe des produits qui retiennent l'eau dans l'intestin, des médicaments qui ramollissent les selles et d'autres qui stimulent les contractions intestinales. Chaque catégorie possède ses indications et ses limites. Il ne faut pas choisir un médicament sur les conseils de son entourage ni augmenter les doses sans avis médical.
Dans certaines situations liées au cancer, ces produits peuvent provoquer des saignements, des infections ou d'autres complications. Ils ne doivent être utilisés que lorsque l'équipe médicale les juge appropriés et fournit des instructions précises.
Il est déconseillé de prendre régulièrement des laxatifs sans l'accord du médecin ou d'essayer de renforcer leur effet avec d'autres produits. Si un médicament ne fonctionne pas, n'augmentez pas la dose de votre propre initiative : informez plutôt votre équipe soignante du résultat. Il peut être nécessaire de modifier le traitement de la constipation ou de rechercher une autre cause aux symptômes.
Ce qu'il faut éviter pendant la chimiothérapie sans avis médical
Pendant les traitements anticancéreux, certains aliments et compléments peuvent modifier l'action des médicaments. Même les méthodes naturelles habituelles demandent donc de la prudence lorsqu'elles font appel à des concentrés, des extraits ou des compléments alimentaires.
- Le millepertuis peut modifier la concentration de certains médicaments anticancéreux dans l'organisme et influencer leur efficacité. N'en prenez pas sans l'accord de votre oncologue.
- Le pamplemousse et son jus peuvent interagir avec certains médicaments. Demandez à votre équipe soignante s'ils sont compatibles avec votre protocole de traitement.
- Les fortes doses d'antioxydants ne doivent pas être prises pendant la chimiothérapie ou la radiothérapie sans autorisation médicale.
- Les extraits concentrés de plantes et les mélanges de plantes médicinales peuvent interagir avec les médicaments. Leur utilisation doit donc être validée au préalable.
Cela ne signifie pas que tous les fruits et légumes sont interdits pendant les traitements. Il n'est pas nécessaire d'exclure systématiquement les aliments courants : les restrictions dépendent du protocole thérapeutique et de l'état du patient.
N'entreprenez pas de jeûne, de programme détox ou de cure de nettoyage intensif pendant un traitement contre le cancer. Ne remplacez jamais les traitements prescrits par ces méthodes et n'arrêtez pas vos médicaments au profit de pratiques naturopathiques. Toute mesure complémentaire doit être discutée avec votre oncologue.
Quand consulter un médecin ?
Consultez immédiatement un service médical d'urgence en cas de douleurs abdominales intenses ou croissantes, de ballonnements importants accompagnés de vomissements, ou si vous n'arrivez plus à évacuer ni les gaz ni les selles. Ces signes peuvent évoquer une occlusion intestinale.
Une évaluation urgente est également nécessaire en présence de sang dans les selles ou les vomissements, de selles noires, d'un évanouissement ou de fortes palpitations. En cas d'essoufflement, de douleur thoracique ou de gonflement d'une jambe, consultez immédiatement, car ces symptômes peuvent révéler une complication dangereuse.
Si votre température atteint 38 °C ou plus pendant une chimiothérapie, ou si vous avez des frissons, contactez immédiatement votre oncologue ou suivez le protocole d'urgence qui vous a été remis. N'essayez pas simplement de faire baisser la fièvre par vous-même en attendant une amélioration. Des vomissements qui durent plus d'une journée ou l'impossibilité de boire nécessitent également une évaluation médicale urgente.
Prenez rendez-vous avec votre médecin rapidement si la constipation est apparue récemment, persiste ou revient régulièrement, si vos selles ont nettement changé par rapport à vos habitudes ou si la défécation devient douloureuse. Indiquez au professionnel de santé la date de vos dernières selles, si vous arrivez à évacuer les gaz, si vous avez des ballonnements et quels médicaments vous prenez. N'attendez pas votre prochain rendez-vous prévu si les symptômes s'aggravent rapidement.
Lors de la consultation, le médecin vous interrogera sur les changements observés, examinera votre abdomen et prescrira, si nécessaire, des examens complémentaires. Il est important d'identifier la cause de la constipation, car la prise en charge d'un effet secondaire médicamenteux peut être différente de celle d'un fécalome ou d'une occlusion intestinale.
Pour en savoir plus sur mon approche de ce sujet, consultez la page « Oncologie ».
NOTE DE LA RÉDACTION
Cet article a été préparé à partir des livres du docteur Boris Wydoff et de sources médicales de référence consacrées à la constipation chez les personnes atteintes de cancer. Les recommandations naturopathiques reflètent l'approche personnelle de l'auteur et ne remplacent ni une consultation avec un oncologue, ni les traitements prescrits, ni les recommandations médicales individualisées.
Sources médicales : NCI (Institut national du cancer des États-Unis), NHS (Service national de santé du Royaume-Uni).
Questions fréquentes
La constipation peut-elle être un symptôme de cancer ?
Oui, certaines tumeurs peuvent gêner la progression du contenu intestinal, mais la constipation peut aussi avoir de nombreuses autres causes.
Que faire en cas de constipation pendant une chimiothérapie ?
Informez votre équipe soignante, maintenez une hydratation conforme aux recommandations médicales et demandez quels produits sont compatibles avec votre traitement.
Quels aliments peuvent aider contre la constipation en cas de cancer ?
En l'absence de contre-indications, les légumes et les fruits peuvent convenir, mais toute augmentation des fibres doit être discutée avec le médecin.
Pourquoi les antidouleurs provoquent-ils de la constipation ?
Certains antalgiques, notamment les opioïdes, ralentissent le fonctionnement de l'intestin.
Peut-on prendre un laxatif quand on a un cancer ?
Oui, si le médecin a choisi un produit adapté à la maladie, aux médicaments pris et au risque d'occlusion intestinale.
Pourquoi a-t-on le ventre gonflé en cas de constipation pendant un cancer ?
Les ballonnements peuvent accompagner la constipation, mais en cas de fortes douleurs, de vomissements ou d'impossibilité d'évacuer les gaz, il faut consulter en urgence.
Que faire si un laxatif ne fonctionne pas pendant un cancer ?
N'augmentez pas la dose vous-même : informez votre médecin afin qu'il recherche la cause de la constipation et adapte la prise en charge.
Pour aller plus loin — les supports du Dr Wydoff
Victoire sur le cancer (en russe) →La victoire sur le cancer (livre numérique, en russe) →Ou commencez par le guide gratuit « 7 étapes pour purifier le corps » →
